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« Prologue au Désert mauve » : premières esquisses

Depuis 2011, l’idée de créer un opéra à partir du roman Le Désert mauve, de Nicole Brossard, m’habite. Les sonorités du désert d’Arizona, mais aussi du « Désert blanc » de Montréal, s’inventent à mon oreille depuis cette première lecture, sur un banc de parc à Victoria, quelque part entre le désert de l’Atlantique et celui des Rocheuses.

Aujourd’hui, cette idée avant d’un pas petit mais signification : une première version exploratoire, « Prologue au Désert mauve » de quelque 25 minutes, verra le jour au printemps – à l’invitation d’E27 musiques nouvelles (Québec) et du Festival des musiques de création de Jonquière. C’est par l’entremise de Sarah Albu (voix), Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Benoît Fortier (cor) et Émilie Payeur (électroniques) que les mythiques personnages de Mélanie, Maude Laures, Laure Angstelle, Lorna Myher, Kathy Kerouac et Angela Parkins commenceront à s’incarner sonorement. À suivre!

Québec : 27 avril 2019, détails à venir
Jonquière : 16 mai 2019, 20 h, Salle Pierrette-Gaudreault

Extraits d’un micro-opéra : Conversation à la montagne

C’est avec pas peu de fierté que je vous partage quelques extraits de mon micro-opéra Conversation à la montagne, sur un texte de Paul Celan. Il est le fruit de deux ans de collaboration avec Maude Côté Gendron, Émilie Sigouin, Émilie Girard-Charest et Florence Blain. On travaille fort pour le re-présenter dans un avenir rapproché… propositions bienvenues!

CONVERSATION À LA MONTAGNE

avec
Maude Côté-Gendron (voix)
Émilie Girard-Charest (violoncelle)
et Émilie Sigouin (récitante)

Texte de Paul Celan
Projet de création de Symon Henry
Assistance scénique de Florence Blain Mbaye
Éclairages de Juan Mateo Gonzalez

Présenté à l’ESPACE CERCLE CARRÉ le samedi 7 mai 2016

Conversation à la montagne : deux compères se rencontrent lors d’une ballade en montagne, sortes de Sol et Gobelet qui s’ignorent, pressés de philosopher, de réinventer le monde de fou duquel ils ont émergé. Un violoncelle, une voix qui chante en allemand et une voix qui parle en français récitent le même texte, simultanément, quelque part entre un concert de musique classique en suspension et une performance de théâtre corporel qui cherche désespérément à parler.

« – J’ai couché sur la pierre, autrefois, tu n’es sans le savoir, – sur la pierre et la dalle ; à mes côtés eux ont couché, les autres : eux étaient comme moi, les autres, les autres autres que moi et mêmes, lignage, ô, eux se couchaient là, eux s’endormaient, et sans s’endormir (…) – à toi je ne le cache point, je ne les aimais, eux qui ne savaient m’aimer, j’aimais la chandelle, brûlant là-bas, au coin senestre, je l’aimais, elle, à brûler à sa perte, pas qu’elle brûle à s’effacer, elle était sa chandelle, celle que lui, le père à nos mères, avait allumées – et qu’au soir s’attachait un jour, défini, un jour, lui le septième, pas le dernier, j’aimais, lignage, aimais, non pas cela, j’aimais ce brûler à sa fin, sache-le, toi, je n’ai plus rien aimé depuis »