Tag Archive | Poésie québécoise

Nouvel enregistrement : Intranquillités V – alors que nous maintenions près de nos bouches diamantées..

pour flûte bawu, vidéo et sons fixés

composition/réalisation de la partition graphique/interprétation:
Symon Henry

composé dans le cadre de la soirée « L’art pense : créer l’intime » de la Bibliothèque Nationale du Québec

création: 11 mars 2014

Créer l’intime : Ghazi Moumneh / Grebmeier Forget / Henry / Brossard / Chokri @ la BANQ

Courriel promo_Creer l'intime

« kimono de fleurs blanches       de fleurs roses       la nuit porte des oranges dans tes mains       je voudrais que nous mourions comme le jour        puisque jamais nous ne pourrons retrouver ce petit cab qui nous menait dans le fond de la mer       bouche de truite rouge       repaire parfumé dans les coraux et les éponges qui nous examinaient avec leur regard nombreux       tu les chassais avec cette moue de framboise écrasée       le vent qui passait       courant de cuivre et de parfums       nous avions fait pousser un géranium dans la coupe d’une moule assassinée       dans tes oreilles des papillons coloraient nos musiques inventées par les lèvres du mirage englouti d’une ville       un grand fauteuil baroque s’en venait à la dérive de grand’mère à lunettes ovales       et cette étoile de frisson qui montait sur ta jambe gauche       le long du mollet       sur le genoux       dans le creux de la cuisse       mais soudain comme toute la mer a disparu       et le sel des cheveux       et le jour qui va paraître et qui est plus vide que le reste du monde »

Le vierge incendié (extrait), Paul-Marie Lapointe, 1948

Découverte poétique : Denis Vanier (Québec)

MORDU AU TALON

Cet été m’aura pourri
comme du sang dans le lavabo

je ne vis plus
mais reviendrai
expliquer tout cela
un coeur de déchets
sur un drap de bouches closes

il ne m’importe alors
d’être n’importe où

un aveugle qui hypnotise.

(extrait de La morve des bonbons, 1998)

LE DÉTACHEMENT

Se détacher des plaies de l’âme
est une farce plate,
jamais je ne m’offrirai l’impassibilité,
peindre les cernes de la baignoire
ou survoler les eaux troubles
de la mémoire d’une soue.

(extrait de Dimanche sale, 1998)